Arménie : violentes émeutes, l’état d’urgence est déclaré
Dépêche publiée le 03/03/2008
Par Nicolas Landru
Suite à la violente dispersion des manifestations de l’opposition par la police arménienne anti-émeute, samedi 1er mars au matin, les manifestations se reformaient à Erévan pour tourner à des scènes de violences samedi soir et dimanche matin. Sur l’avenue Mesrop Machtots, les rues Grégor Loussavoritch ou Abovian, les rassemblements de soutien au candidat officiellement perdant de l’élection présidentielle, Lévon Ter-Petrossian, dégénéraient en émeutes incontrôlées, incluant pillages de magasins du centre-ville, incendie de voitures et destruction de transports en commun. Les forces de police anti-émeute qui tentaient de contenir le mouvement étaient l’objet de violentes agressions. Dans la nuit du 1er au 2 mars, 8 personnes trouvaient la mort au cours des échauffourées et des mouvements de foule, en plus de 131 blessés.
Dans la même nuit, le président sortant Robert Kotcharian imposait par décret un Etat d’Urgence qui durera jusqu’au 20 mars, pour « assurer le respect de l’ordre constitutionnel ». Ce décret, similaire à celui que le président géorgien Mikhaïl Saakachvili signait le 7 novembre 2007, interdit les rassemblements publics ainsi que l’activité de tous les médias non étatiques. Saakachvili a d’ailleurs assuré Kotcharian de son soutien. Dimanche 2 mars, Erévan était sous contrôle militaire et 15 participants aux manifestation étaient arrêtés. Alors que la question était dimanche de savoir si les autorités allaient ou non imposer un couvre-feu, il semble dans un premier temps que cette option ait été écartée.
Les ambassadeurs de l’OSCE à Erévan ainsi que diverses organisations internationales se sont proposés de faire médiation entre les autorités et l’opposition. Armen Gevorkian, le directeur de l’administration présidentielle, s’est entretenu avec eux dimanche 2, leur assurant que la répression policière et l’état d’urgence représentaient ce qui était dans le pouvoir légal des autorités pour faire cesser les actions illégales et pour restaurer la stabilité. Il déclarait également que le gouvernement arménien était bien décidé à demander des comptes aux responsables des émeutes et aux provocateurs.
Nicolas Landru. Sources : www.armenpress.am
et www.panarmenian.net
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